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Le «blue pike»

Publié le 11 avril 2017

 La nature est truffée de petites curiosités qui ne cessent d’émerveiller l’observateur aguerri et le passionné de la vie. Au réservoir Gouin, le  doré jaune présentant une coloration bleuâtre est l’une de ces curiosités qui a, certes attiré l’œil des pêcheurs, mais aussi l’attention des scientifiques.

La présence d’une coloration bleuâtre à la surface de la peau est un phénomène connu en Amérique du Nord chez le doré. La science a pu démontrer que cette coloration est le résultat de l’expression d’une protéine, la sandercyanine, présente en grande abondance dans le mucus qui recouvre la surface de la peau du doré. Cette protéine s’exprime davantage dans les milieux où la concentration en oxygène est faible et la température de l’eau plus froide.

Mais quel est le mécanisme expliquant que dans un lac donné, exemple le réservoir Gouin, nous retrouvons à la fois des dorés jaunes de coloration «typique» et des dorés jaunes de coloration «bleue»?

Deux espèces différentes de doré?

D’abord observé dans les Grands Lacs, le doré «bleu» a été classé par les scientifiques comme une espèce à part entière du fait de caractéristiques morphologiques et d’habitudes de vie différentes du doré jaune. Dû à la surpêche dans les Grands Lacs, les dorés jaunes de coloration bleue y sont désormais absents. Néanmoins, avec les avancées technologiques en science, nous savons désormais que les dorés jaunes et les dorés «bleus» forment une seule et même espèce.

Des indices …

Une étude, menée par un chercheur québécois, M. Yves Paradis, sur plusieurs lacs du bouclier canadien localisés au pourtour du réservoir Gouin, a permis d’obtenir des indices intéressants pour mieux comprendre le phénomène (Paradis et Magnan, 2005). 

Une morphologie quelque peu différente…

Les dorés de coloration bleue présenteraient, dans les lacs du bouclier canadien, un museau plus allongé et une dentition quelque peu différente au niveau des canines. Des différences morphologiques similaires ont aussi été observées au sein des populations de doré jaune des Grands Lacs. 

L’habitat…

La littérature rapporte que le doré «bleu» préférerait les zones profondes des lacs, là où la température de l’eau est plus froide et l’oxygène plus rare. Cette préférence en terme d’habitat a un impact sur la croissance du doré «bleu». Les recherches ont en effet démontré que les dorés «bleus» sont, à un âge donné, plus petits que les dorés «jaunes». 

Le pourquoi….

Le lien entre la coloration bleuâtre et l’exploitation de ces habitats.

Cette coloration pourrait s’avérer bénéfique pour les dorés alors qu’ils sont en chasse dans les zones profondes des lacs. Elle permettrait en effet aux dorés d’être moins perceptible par les proies optimisant ainsi le succès des individus à forte coloration bleue dans les zones profondes des lacs.

Encore des questions…

Plusieurs questions demeurent toutefois en suspend.  Il a été observé dans les Grands Lacs que les dorés  «bleus» et les dorés jaunes «typiques» ont une période et un habitat de fraie différents.

 

11 avril 2017

Par Raphaël Dubé 

Corporation gestion du réservoir Gouin


Catégories  :   Pêche

Tags  :   Découvertes